Un climatologue s’exprime sur les inondations de la Poste Centrale

Un climatologue s’exprime sur les inondations de la Poste Centrale

Après les images des voitures et des bâtiments immergés à cet endroit après la pluie du 20 septembre, Marin Mena évoque quelles peuvent en être les causes.

« Trois hypothèses sont à explorer à savoir : la climatologie, l’hydrologie et l’urbanisation. Concernant la climatologie, nous retenons les origines des pluies à risques qui se sont abattues sur Yaoundé et ses environs. Elles résultent d’un orage provoqué par une perturbation frontale qui est passée successivement du front chaud à un front froid.

Il se caractérise par des pluies à très fortes intensités. Des décharges électriques, des foudres, des vents très violents, des tonnerres, des chutes de grêles.

Raison pour laquelle Yaoundé et ses environs ont été secoués par des pluies diluviennes. Des vents persistants et violents qui par endroits ont détruit des cultures, toitures d’habitations, la végétation et ont entraîné des coupures électriques.

L’urbanisme est la cause de tout cela

Les populations assisteront régulièrement à des orages du genre voire plus violent. Yaoundé est de manière permanente vulnérable à des orages violents. Quant à la saturation des sols, il est nécessaire de savoir que l’eau provenant des précipitations doit forcément passer par son absorption au niveau du sol.

Pour cela, il faut un temps requis pour atteindre le volume maximal d’absorption. Or, en milieu urbain, ce temps drastiquement réduit à cause de l’occupation du sol par les routes, les maisons, les bétons et l’usage des lits majeurs des rivières à diverses fins, favorisent aussi rapidement la mise en place des torrents et des ruisseaux.

La conséquence en est la stagnation de l’eau au niveau des exutoires et des plaines, aux crues spectaculaires accompagnées par des inondations.

La géographie n’arrange pas les choses

Sur le plan géographique, la Poste centrale et l’avenue Kennedy constituent à des degrés différents des exutoires. Ainsi, il est logique qu’ils restent des zones vulnérables aux inondations à chaque fois qu’un orage du genre s’abattra sur la ville. D’autant plus que la surface de l’exutoire a non seulement subi des aménagements mais aussi a été considérablement réduite.

Ceci a des répercutions tant sur le plan économique que socialement. Les zones inondées deviennent infectées par des pathologies liées à l’eau telles que le choléra. Les pistes à explorer sont : de bâtir sur pilotis sur des exutoires et des zones inondables, entrevoir des magasins sur pilotis.

Il est nécessaire de revoir la canalisation souterraine du flux d’évacuation des eaux de pluies à l’avenue Kennedy et à la Poste centrale ; La sensibilisation des populations à cesser d’utiliser les rigoles et les canalisations d’eau comme leurs dépotoirs d’ordures ; Déboucher régulièrement les rigoles et les canaux d’évacuation des eaux. »

La population est interpellée

Un avis qui vient une nouvelle fois interpeller les populations sur leur gestion des ordures ménagers. Il y a quelques mois déjà, c’était le pont nouvellement construit de la ville de Douala qui avait été inondé.  Paralysant par la même occasion la circulation sur cet axe.

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